Nu-âge…

Il y a quelques jours, déjà bien lointains, j’ai fait un pas de plus dans mon cycle de vie. Et même si je connais mon père et ma mère, les vrais, sans test faux-positif, j’ai toujours des questions en suspens… alors j’ai fait un test de naissance.

Ce jour là, je m’engage à revivre une partie de l’acte fatal du pass-age. Je suis au bord de la mer, calme et à marée basse. Après une très longue séance de sport intensif où tous mes compteurs sont au maximum, je réussis à utiliser ma fatigue pour épuiser mon mental, je prends un bain dans une eau pas du tout tropicale… 

Surprise, quel choc thermique ! À ce moment précis, je reconnais que j’ai accepté de venir et je me sens déjà agressé par la lumière, le bruit, des mains étrangères et des voix inaudibles. Pas moyen de faire demi tour, pas de rétropédalage… Et là, l’âme-agit… Mon corps est enveloppé d’une protection invisible qui me  permet cette transition du monde intérieur au monde extérieur, dans une relative douceur.

Maintenant je suis devant le miroir et je me regarde. Il y a de la buée juste au niveau de mon vis-age. Je provoque un courant d’air mais rien n’y fait. J’observe mon corps et je comprends l’importance de cette matière qui sert de véhicule à mon âme. Je dois l’entretenir et le respecter pour faire cheminer mon âme avec mes ressources et mon propre carburant. Il faut que j’évite de transformer mon corps en prison. 

J’ai un idéal à atteindre, celui de permettre à mon âme de retrouver la Source et de l’accompagner sur son chemin le mieux possible. En faisant mon toilettage, je prends conscience et je mesure la valeur du  parasitage qui m’entoure et influence ma persona quotidiennement…cette cloison qui se reconstruit sans cesse entre mon monde réel et mon monde virtuel. 

En silence, j’observe l’ombre du nuage se dissiper sur le miroir et je vois mon visage apparaitre. J’ai l’impression que quelque chose me regarde. Je comprends que je ne suis que temporel. Alors pourquoi je perds tout ce temps avec des banalités ? Serais-je tombé dans l’altruisme pour éviter de me regarder et d’accueillir ma propre métamorphose ?

Y’a t’il un âge pour se mettre à nu…

Philippe Lafargue

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Co-naître…

Je me reveille en sûr-sot de ma sieste car j’ai oublié mon pass sanitaire. 

Je rentre chez moi et sur le chemin du retour mes con-génères m’ont prévenu des contrôles de peau-lisse. Je me regarde dans le rétroviseur et je ne vois que de l’acné, tous ces voyants pour me faire remarquer. Aucune chance de passer les contrôles. Je me mets la pression et pas à demi, surtout que boire au volant n’est pas la solution.

Sur le retour, j’évite le vaccinodrome car j’ai déjà eu ma piqûre de rappel. J’évite aussi tous les théâtres du rond point, ces giratoires au sens obligatoire que doivent suivre les gens. Je ne veux pas faire partie de l’exode des cerveaux et je dois me libérer de ma zone d’inconfort habituel. J’observe le long du chemin tous ces panneaux avec ces promesses de campagne et moi qui pensais trouver une campagne de promesses !

Je dois suivre mon canal de communication intérieure. Sanitairement parlant, j’ai besoin de prendre l’air et de sortir. Ça devient un Je de passe-passe. Je me demande même si je passe ou trépasse et pourtant je ne suis que de passage sur cette terre. Et puis il n’est pas question que je rende l’âme. J’ai encore trop de choses à faire. Dans tous les cas si je ne suis pas sage, quelqu’un va me tirer les oreilles…

Des masques j’en ai de toutes les formes et couleurs. J’ai mon masque de peur, de tristesse et même de colère. Le seul que j’ai du mal à optimiser est celui de la joie. Pourtant, l’euphorie de la peur avec tous ces va-riants devrait me redonner le sourire. Il faut vrai-ment que je trouve un passe temps. Je pourrais aller surfer sans créer du vague à l’âme mais la mer est calme. Je ne veux pas errer comme une âme en peine et devenir congé-diable car ce ne serait que passer mon âme au diable.

Alors je fais le tour de mon jardin suspendu. Ça me fait du bien de regarder cette plante. Je l’ai faite germer d’un noyau, partie centrale et fondamentale de toute vie et maintenant, elle est assez grande pour être couverte de feuilles. J’admire la nature et sa simplicité et ça me rend très heureux qu’elle accueille ma participation à ce cycle de vie avec un simple noyau, d’un fruit qu’elle m’avait généreusement offert.

Je ne sais pas si je dois pleurer ou rire alors, je pleure de joie…

Philippe Lafargue

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Allant vers…

En allant faire des courses, je passe devant une aire de jeu. Je m’arrête car je ressens un appel très fort à l’intérieur de moi. Je décide d’aller faire le cochon pendu et je reste là un petit moment à observer le monde à l’envers. 

Quelques parents ont déjà rappelé leurs enfants auprès d’eux car il y a un adulte sur l’erre de Je. Rapidement, les enfants comprennent qu’il n’y a pas de danger et qu’il y a tout simplement un enfant dans un corps d’adulte. 

Il est vrai que je me suis vite remis à l’endroit car je me suis rappelé : « Ne reste pas la tête en bas, le sang va te monter au cerveau ! ».

Alors je m’assois sur un banc à l’ombre pour reprendre mes esprits avec à ma droite mon alter ego et à ma gauche mon enfant intérieur. Et je reste là, fasciné à observer le mouvement de la vie pendant que les parents m’observent toujours du coin de l’oeil.

J’entends le refrain « Fais attention » ; « Sois prudent » et je vois des parents courir à leur secours et même quelques uns qui s’arrêtent à mi-chemin car en fait il n’y a aucun problème sauf avec eux-mêmes. 

J’avais oublié que l’envers vaut l’endroit et ces enfants me l’ont clairement démontré. Ils utilisent ces structures de jeu comme bon leur semble. C’est comme s’ils étaient pris dans une brise tourbillonnante qui propose un air de Je. 

Je me rapproche de mon enfant intérieur et je lui prends la main. En fait, dans la vie, il y a deux envers, c’est juste qu’il faut un endroit. Et il semblerait selon les croyances, qu’Être opposé à « en droit » puisse ajouter quelques difficultés. En ressentant c’est air de Je, je me rends compte qu’accueillir l’envers du décor est une bonne chose. 

J’ai besoin de réapprendre à regarder, à vivre sur le chemin le moins fréquenté. J’ai envie de renouer avec la curiosité et l’innocence de l’enfant pour ébranler toutes ces croyances auxquelles je m’accroche.

Je prends conscience que mon enfant intérieur me caresse la main et me souffle au coeur de respirer à pleins poumons l’air de JE qui m’entoure. Et il me dit : « Laisse ego faire des altères et se concentrer sur son jeu de lego, nous on va aller faire de la balançoire pour rassembler tous les contraires ». 

Philippe Lafargue

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Désir de besoin…

J’ai besoin d’être et le désir étant une envie de quelque chose qui n’est pas essentiel, ça se complique dès le départ !

Gaston Bachelard a écrit « L’homme est une création du désir, non pas une création du besoin ». Je crois bien que l’univers nous propose un chemin semé d’embûches depuis bien longtemps. 

Mon désir est standard, irrationnel, obsédant et impossible à satisfaire. Tout simplement un manque que rien ne peut combler. Et constamment, la possession de cet objet de désir s’accompagne de déception ou de frustration.

Me voilà donc devant une feuille blanche à créer une liste de mes besoins. Moi, je n’ai jamais eu ce désir, ce doit être quelqu’un qui ma forcé à le faire. Je vais donc énumérer tous mes besoins actuels par nécessité, obligations ou choses essentielles au fonctionnement optimal de mon être. Je vais rester très vigilant à tous ces désirs qui me parasitent, ces envies qui ne sont pas essentielles et je ne vais pas les confondre avec des besoins. 

Je m’imagine en grand bâtisseur et je rêve d’une pyramide que je construis à mains nues et surtout en pleine conscience. Il n’y a pas de porte d’entrée, ni de baie vitrée et surtout pas d’ascenseur. Tout fonctionne avec ma domotique psychique pour déléguer, évoluer, automatiser et sécuriser.

Il y a cinq étages, hiérarchisés entre mes besoins physiologiques, mes besoins de sécurité, mes besoins d’appartenance, mes besoins d’estime de moi et mes besoins spirituels. Tous ces étages sont accessibles à tout moment et restent interdépendants les uns des autres pour leur bien-naître.

À chaque fois que j’ai un doute ou bien que je bloque sur quelque chose, je repasse en boucle la différence entre le besoin et le désir : manger lorsque j’ai faim permet de satisfaire un besoin primaire. Une fois que j’ai mangé, le besoin disparaît.

Je n’aurais jamais pensé qu’un jour je rêverais d’une pyramide plutôt que d’un chateau et maintenant que je suis ma pyramide, mon désir de vivre dans un chateau aurait disparu…

Philippe Lafargue

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Deux-venir…

J’ai pris rendez-vous avec mon médecin généraliste pour faire un bilan. Je vérifie le protocole sanitaire avec la secrétaire, qui me conseille d’arriver avant l’heure, pour attendre le moins longtemps possible, d’être propre, de porter un masque, être vacciné et surtout, d’être en bonne santé !

Me voilà un jour de semaine, habillé avec mon costume du dimanche, devant mon médecin en blouse blanche. Je lui dis que je cherche quelque chose à l’intérieur de moi et je voudrais verifier les avantages et les inconvénients de faire une endoscopie, une colonoscopie, une IRM ou une radiographie. 

J’observe qu’il me fixe d’un regard étrange et finalement me demande : « Que cherchez vous ? » . Je lui réponds : « Je cherche mon enfant intérieur ».

Sans un commentaire, il me tend une ordonnance. Je ne comprends toujours pas avec quel di-a-gnostic (deux personnes qui n’y connaissent rien) il me prescrit des anxiolytiques alors que je ne suis même pas angoissé. 

Je suis en quête de réponses et à l’âge de la maturité, j’éprouve le besoin de retrouver un lien avec moi-même et mon enfant intérieur. Je sais que je ne peux pas retrouver le monde que j’ai perdu au travers des yeux de l’enfant que j’étais mais je suis motivé pour m’inscrire dans la vie d’une manière différente. 

Régulièrement, j’organise des face à face pour retravailler l’attachement primitif mère-enfant, proposer du maternant, rétablir la relation positive à l’image maternelle, recréer le lien à la vie et à la totalité. J’ai besoin, moi l’adulte, d’un enfant intérieur en bonne santé. Je veux qu’il balaie de sa mémoire d’innombrables injustices et qu’il ait la certitude que je l’accompagnerai toujours dans la réalisation de ses besoins.

Dernièrement, j’ai dîné avec mon enfant intérieur et au dessert, même s’il y a toujours un peu de maman là dedans, j’ai observé l’alchimie de la transformation s’opérer… À chacun sa cuillère, nous avons partagé le même gateau !

Philippe Lafargue

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