Jusqu’à la lanterne

Le fracas marin comme un rappel à la vie,

Les vagues en rang de bataille et sans répit,

Cognent, s’opposent au tumultueux silence,

En mon phare intérieur, coule la persévérance.

L’apnée longue jusqu’à l’oubli de moi-même,

Lâcher ou retenir, toujours ce même dilemme,

Je sens la menace d’une nuée d’hirondelles,

Flèches vivantes décochées, je suis immortelle.

Mon âme s’élève en cercles concentriques,

S’allège, abandonnant le mépris, le tragique,

Retrouve enfin sa nature vagabonde,

À la lueur de la lanterne s’ouvre la croisée des mondes.

                                                                        Nadjejda Tretiakoff

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Une île

Sur une mer calme, vole un aigle en silence,

Sérénité projetée, profondeurs en transe,

Un bouillonnement épuise ma vigilance,

Terre sans Homme, l’animalité en 6e sens.

Je regarde le ciel, le ciel me regarde,

Abysses inversés, y goûter, il me tarde.

Chemins escarpés, sans la carte je me perds.

Ascensions infinies, la souffrance doit se taire.

Une yourte flottant dans l’immense steppe,

L’aigle s’y pose, une louve m’y attend.

Le vent guide mes pas, et le chant des ancêtres

Berce mon âme mongole, libérée de l’île, je m’envole.

                                                                 Nadjejda Tretiakoff

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Pas sages

Je suis allée te chercher dans une autre vie,

Le rêve était clair, mes propres pas j’ai suivi,

Le temps a ouvert la porte vers l’autre côté,

Je suis devenue amnésique, j’ai tout laissé.

J’ai laissé mes erreurs et mes entêtements,

J’ai oublié les peurs et tous les sentiments,

J’ai chanté, j’ai ri un peu, j’ai pleuré souvent,

Et puis j’ai essayé de vivre, tout simplement.

Sans effroi j’ai approché le pire de moi,

Souvent j’ai pactisé avec le pire de l’autre,

Je ne me sens pas humiliée, j’ai fait mes choix,

Bannie du ciel, sans prophète, sans apôtres.

Mon âme a entendu l’écho de ton message,

Chevauchant l’Etoile filante, j’ai fait le voyage,

Dans tes bras, contre toi, ne soyons pas si sages,

Délectons-nous de notre Amour d’un autre âge.

                                                   Nadjejda Tretiakoff

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Emie

Effluves d’une âme légère, fleuries, épicées,

Des vols de papillons devancent ta silhouette,

La nature m’honore le jour où tu es née,

Tu souris, heureuse, au chant de l’alouette.

Les paupières fermées, je devine ton secret,

Derrière ton sourire…une étoile t’a oubliée.

Les sentiers de terre sont si rudes sous tes pas,

Tu vacilles et fière, tu n’abandonnes pas.

Ton regard clair se pose doucement sur moi,

Je frémis de tant de douceur, y ai-je droit ?

Mon amie que j’aime à ma façon à moi,

Ta beauté m’effleure, c’est le ciel qui t’envoie.

D’une vie à l’autre, je te retrouverai,

Enfants que nous serons à nouveau, je saurai

Ne plus perdre de temps à te rencontrer,

Je te prendrai par la main, nous irons jouer.

                                                                             Nadjejda Tretiakoff

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Sagrada Familia

Images mortes projetées sur un écran,

Volutes trop lourdes soufflées du noir et blanc,

Combats sanglants, perdus et prisonniers du temps,

Poursuivis, éternels, au nom du prix du sang.

Les regrets d’un monde en paix m’étreignent et me tuent,

L’Unité de l’Amour est à jamais perdue.

J’ai le choix d’un corps, la pureté déçue

N’attend plus rien de moi, je ne suis pas l’Élue.

Je ne suis pas celle, aimée, choyée, attendue,

Miracle de la Création incarnée, nue,

Joyeuse, rieuse, offerte…si j’avais su !

Je me libère de vos fantômes guerriers,

Sanguinaires ectoplasmes, famille sans pitié.

En moi gronde, hurle le chant de la Liberté.

Mon souhait d’Être ici-bas, je l’ai assez payé.

                                             Nadjejda Tretiakoff

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Nouvelle âme

Allongée dans les fleurs, là, je n’existe plus.

Le visage dans la terre, tombe à une inconnue.

Les esprits des profondeurs m’appellent, j’y vais nue.

Je reconnais ma matière, argile, que je fus.

Façonnée, sculptée, ciselée, peaufinée,

En une étrange silhouette anamorphosée,

Pour qu’une âme expulsée des entrailles de la Terre,

S’immisce, ondes colorées, je me laisse faire.

Mon cœur offre de bonne grâce l’hospitalité

A cette audacieuse création, ce souffle animé,

Essence de toute vie, en secret, la psyché

Exhalée de l’ombre pour aller danser.

Je suis le passage avant l’élévation,

Je suis le tunnel, le franchissement, le pont,

De l’autre côté, heureux hasard, une conception,

Destin incertain, la bonne fortune en médaillon.

Nadjejda Tretiakoff

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On fera comme tu voudras

Ô rage, le désespoir rallié à ma cause,

Le diable glisse en moi, je l’accueille, j’ose,

Le meurtre me possède, s’insinue, me nécrose.

Le glaive dans ma tête se soulève et sournoisement se pose,

Je suis la meurtrière, la victime, pauvre chose.

Soumise, esclave, jadis une rose.

L’Autre en Moi abandonne, renonce au Je,

Eventrée, écœurée, mon sang éteint le feu,

Se répand à tes pieds pour te garder, cerné,

Englué dans ma peine, l’âme déchirée.

Il n’y a plus de joie, plus de Je, plus de Moi.

On fera comme tu voudras, ton mépris est mon roi.

Les spectres du mensonge errent et tournoient,

La fin hurle en moi…sonne l’arrêt du combat.

                                                           Nadjejda Tretiakoff

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Je suis là

Au commencement, le Grand Désir de la Vie

Et toutes les couleurs…de la nuit ont jailli.

Caressée par l’Ineffable Céleste Envie,

Le souffle si doux, chaud, pur et Infini,

J’ai cheminé longtemps…le Divin, j’ai suivi.

J’ai connu les contours invisibles de l’Ange,

Et sous les ailes de la Beauté parfaite,

Les yeux écarquillés, plus rien ne me dérange,

Je suis Une parmi Vous et en Moi, tous Vous êtes.

Je suis là,

Je suis l’Enfant…

Aimez-moi.   

Nadjejda Tretiakoff

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Chronos Suspendu

Galop incessant d’un Chronos cœur palpitant,

J’appelle le précipice, adieu la ligne du temps,

Funambule invisible sur l’instant éternel,

J’oublie le décompte, la vie a bien plus de sel. 

Au rythme de mes envies, désirs et folies,

Derviche, tu m’inspires, je tourne à l’infini,

Mon axe comme un fil tendu par le big-bang,

Le vent me fait vibrer, suspendue, je tangue. 

Goulument le Lapin a avalé Alice, 

A son propre tempo, le temps se replie,

D’une corde à l’autre, acrobate, je glisse,

J’expérimente toutes les théories. 

Commencement et fin en un point fusionnent,

Le silence en est le privilégié témoin,

L’onde se propage et à l’espace se donne,

L’imaginaire prend sa place, ni plus ni moins. 

Nadjejda Tretiakoff

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