Avez-vous une mission transgénérationnelle ?

Il y a quelques années, à la sortie du livre de Salomon SELLAM  « Le sens caché des désordres amoureux », un voile monumental s’est levé et tout un pan de vie s’en est vu éclairé !

Au départ, ma curiosité avait choisi le titre pour comprendre « mes désordres amoureux » mais très vite Salomon SELLAM m’a apporté bien plus !

Je choisis d’aborder une idée de l’auteur que mes 25 années de pratique ont pu vérifier quasiment dans chaque situation où je proposais ce regard à mes patients.

Au fur et à mesure des partages, j’ai enrichi ce travail et je vous en soumets les grandes lignes.

Tout d’abord, un petit calcul s’impose : issu de la même mère et du même père, dans quel  ordre êtes-vous venu au monde ? 1er, 2ème ou 3ème ?

Il faut tenir compte des avortements thérapeutiques ou volontaires, des fausses couches, des enfants mort-nés. Tous les départs de vie sont à considérer car l’inconscient comptabilise de la même façon les naissances et les conceptions : dès la première multiplication de cellules issue de la fécondation, la vie est là et toute vie a sa place dans le transgénérationnel.

Si vous êtes un 4ème vous devenez un numéro 1…un 5ème vous devenez un numéro 2…un 6ème    vous devenez un numéro 3…ainsi de suite…

Dans le ventre maternel, l’ordre dans lequel vous vous présentez décide de votre « héritage » car vous récupérez la mémoire due à cet ordre. La mémoire cellulaire joue sous rôle.

Voici ce qu’écrit Salomon SELLAM :

Tous les n°1, 4 et 7 appartiennent à la famille des chiffres que l’on trace uniquement avec des droites, c’est l’axe des nombres « rigides ».

Tous les n°3, 6 et 9 appartiennent à la famille des chiffres que l’on trace uniquement avec des courbes, c’est l’axe des nombres « souples ».

Tous les n°2, 5 et 8 appartiennent à la famille des chiffres que l’on trace avec des droites et des courbes, c’est l’axe intermédiaire entre les « rigides » et les « souples » . Pour le 8, les droites sont situées au croisement des deux ronds.

Merci Salomon SELLAM !

Voici ce que je vous propose pour continuer à vous amuser…

Les n°1 sont des enfants « néo » quelque chose. Ils tracent leur route. Ils innovent, ils ont des idées et deviennent des spécialistes. Ils viennent principalement pour « faire travailler » la lignée du père. Souvent solitaires, ils font leur petit bonhomme de chemin. Le rôle des parents est de les soutenir, ne pas les obliger à investir la fratrie sans culpabilité et aussi de les autoriser à profiter de leur différence et à ne pas se laisser « dépouiller ».

Les n°2 sont « des intermédiaires » nés. Ils viennent pour « faire travailler » la lignée de la mère. Ils fédèrent, ils sont diplomates souvent à leurs dépens (tout pour les autres), ils s’intéressent aux autres plus qu’à eux-mêmes. Ils se retrouvent souvent seuls alors qu’ils aiment être entourés car ils sont très doués pour repérer les affinités des uns et des autres et une fois les groupes constitués, ils s’en retrouvent exclus. Le rôle des parents est de les valoriser dans leurs actions altruistes en les aidant à prendre conscience de l’importance de la place invisible qu’ils occupent.

Les n°3 sont des « touche à tout », ils commencent et ne terminent pas, ça ne les intéresse pas. Ce sont des généralistes. Je recommande aux parents des n°3 d’inscrire leur enfant à une activité pour 3 mois car ce délai atteint, il souhaite entreprendre autre chose ! Ces enfants ont plein d’idées tout le temps et beaucoup de ces idées ne deviennent rien d’autre que le plaisir de l’idée ! Leur vie n’est pas un long fleuve tranquille car leur mission est de « faire changer » le transgénérationnel. Tout ce qui est resté  « secret de famille » est pour eux ! Et ils travaillent dur pour trouver leur propre chemin.

Il me semble qu’après avoir ressenti notre place, certaines tensions disparaissent, un sens est donné à nos comportements et pour ceux qui sont parents, un enfant n°1 ne sera jamais comme un n°3, un n°2 ne deviendra pas un n°1…et lorsque vous avez , par exemple, un enfant aîné qui s’avère être un n°2 , vous pouvez le soulager dans ses efforts pour être le 1er en tout car ce n’est pas sa place naturelle…lorsque vous avez un enfant dit « inconstant » c’est peut-être un n°3, alors encouragez-le dans ses découvertes…

Nadjejda TRETIAKOFF

Cet article vous a plu ? Partagez le :)

Pervers narcissique

Êtes-vous une proie de choix pour pervers narcissique ?

Étonnamment, le narcissisme de la personnalité pervers narcissique est très fragile et elle a un besoin vital de trouver chez l’autre admiration, approbation, idéalisation…un vrai tonneau des Danaïdes. Cette personnalité a besoin d’un miroir pour échapper au manque d’estime de soi : miroir mon beau miroir…

« Dans la mythologie, la mère de Narcisse ; Liriopé, a été violentée par le fleuve Ovide et de cette union non consentie est né Narcisse. Le narcissisme porte en lui les thèmes mythologiques. Au souvenir d’une enfance paradisiaque – rarement vécue mais tapie au fond de son imaginaire – se mêle un profond sentiment de sa fragilité en raison d’un évènement traumatisant…Le nom de Narcisse signifie « narcose », « endormissement », engourdissement » car Narcisse n’est pas encore né à lui-même. Sa mort, en réalité, sera sa seconde naissance…Ces données évoquent à elles seules toute l’ambivalence de Narcisse : naissance et mort, rêve de paradis et descente aux enfers…Comment naître à soi-même malgré et grâce à la douleur ? (Luc Bigé) ».

Le pervers narcissique est construit ainsi :

  • Le principe de plaisir, un auto-érotisme, le protège contre le morcellement et doit être nourri à grand renfort d’énergie.
  • Il perçoit son propre corps comme un objet d’amour.
  • Sa libido, énergie psychique, est tournée vers lui-même ce qui le sépare du principe de réalité.
  • Son image de soi est à ce point idéalisée qu’il résiste mal aux frustrations.

À celles qui ont expérimenté une relation de couple avec un pervers narcissique, vous n’imaginiez pas que le pouvoir était, en fait, de votre côté ! (Je fais le choix de n’évoquer, pour cette fois, que les hommes pervers narcissiques).

Alors comment se fait-il qu’autant de souffrance se vive dans une telle relation ?

Je vous propose un début de réponse au regard de mon accompagnement des femmes et enfants pris au piège d’un pervers narcissique.

Au commencement, la proie est facile à repérer ; elle désire un enfant. Et si ce n’est pas encore le cas, le pervers narcissique va lui faire la promesse de faire d’elle une mère comblée.

C’est très tentant.

La suite est prévisible : la proie est portée aux nues et devient une merveille en ce monde. Le prédateur a reniflé sa blessure et s’est engouffré dedans car il a la même : être exceptionnel !

Une fois la proie dans la toile, le prédateur la videra, petit à petit, de son suc vital. Entre temps, une famille a émergé, solide bastion du pervers narcissique.

Ce que vous aviez pris pour de l’amour, madame, ne peut pas en être car le pervers narcissique en est dépourvu. Vous avez été leurrée. Il ne ressent pas même de l’empathie.

Le pervers narcissique passe de proie en proie…on ne change pas les rayures du tigre !

C’est là que le thérapeute peut intervenir.

De quelle façon ?

Merci Professeur Laborit pour votre éloge de la fuite…en mettant fin à l’espoir !

Madame, ce que vous avez vécu de bon dans cette relation ne reviendra pas, car en réalité, ce n’était qu’un exercice de séduction destiné à vous laisser au bord du chemin, vidée.

C’est douloureux d’apprendre à renoncer à l’espoir que tout redevienne comme avant.

Les enfants nés de cette relation souffriront longtemps en pensant ne pas être dignes de l’amour de leur père.

Le travail de renoncement est un accompagnement dans la déconstruction de l’espoir : le temps n’y changera rien et dans la reconstruction de la réalité : un père peut ne pas aimer son enfant pour ce qu’il est et l’enfant n’a pas à mériter l’amour de son père.

Le pervers narcissique ne change pas. Il ne se remet pas en question. Cette quête laisserait apparaître une blessure qui ne doit pas être contactée. C’est pourquoi cette personnalité attaque, pour ne pas avoir à se défendre. La psychothérapie n’est pas pour lui car c’est une étape de vie où l’on meurt à soi-même pour renaître et le pervers narcissique ne prendra pas ce risque.

La seule solution, madame, est la fuite, sauver sa peau, se pardonner d’y avoir cru malgré les évidences et surtout retrouver l’estime de soi.

Nadjejda Tretiakoff

Cet article vous a plu ? Partagez le :)

La haine de soi


Je transpose ce concept lourd de conséquences dans l’histoire de l’humanité, à ma pratique et à l’intérêt que je porte à l’enfant intérieur.
J’ai découvert ce que le travail avec l’enfant intérieur pouvait apporter en lisant, il y a quelques décennies, le livre le Margaret Paul traduit en français sous le titre « Renouez avec votre enfant intérieur » aux éditions Le souffle d’or.
J’ai rapidement introduit cette proposition dans mes accompagnements de patients car il m’est apparu évident que, tant que l’enfant en nous souffre, impossible pour l’adulte de construire une vie satisfaisante.
La colère, la tristesse, la peur de ne pas être aimé pour ce qu’il est, jalonnent le chemin du petit enfant dans des proportions variables. Ces manques seront la base de la constitution de sa personnalité. Les défaillances parentales nécessaires à la recherche de l’autonomie de l’enfant peuvent le maintenir dans une frustration telle que sa vie ne sera qu’une fuite en arrière dans une quête improbable de re-création d’un passé sur mesure.

Les défaillances dans l’amour porté à l’enfant peuvent trouver une forme de réparation en rencontrant l’enfant intérieur et en construisant, petit à petit, une auto-parentification.
C’est l’adulte en nous qui accueille l’enfant, l’apprivoise parfois, le console toujours et l’aime inconditionnellement. L’adulte a la capacité de mettre à distance des parents malveillants ou maltraitants.

La thérapie accompagne cette douloureuse épreuve. Parfois, la sauvegarde de l’intégrité physique et psychique impose une mise au ban des parents. Seul l’adulte peut être suffisamment consolidé pour vivre cette rupture.
L’enfant en nous ne pourra jamais accepter que les êtres qui auraient dû l’aimer en sont, en réalité, incapables. Cette incompréhension est, selon moi, le lit de la haine de soi que l’enfant pourra développer. « Si je ne suis pas digne d’être aimé, il ne me reste qu’à me haïr ».
Les conséquences psychologiques voire psychiatriques s’imposent alors dans le long terme.

Mon approche consiste à dissocier l’amour que l’enfant continuera à chercher chez ses parents, du comportement sans attente que l’adulte met en place. L’adulte en nous crée le devenir de l’enfant intérieur pour ne pas laisser le fantôme du passé l’emprisonner dans un amour parental zombie.
Je propose de nous aimer inconditionnellement dans nos contradictions grâce à cette passerelle tendue vers le futur.

Ainsi l’amour de soi peut trouver sa place et chasser la haine de soi.

Nadjejda Tretiakoff

Cet article vous a plu ? Partagez le :)